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La nuit, encre de chine, douce couverture qui vient tendrement me caresser. Tu endors le jour et lentement, tu te glisses et te vautres tout autour tel un fauve qui furtilement chasse sa proie. Ensuite, tu me fais croire que mes yeux n'en peuvent plus et que mon corps est faible, et moi, tranquillement, je me laisse enlacer dans ton jeu malicieux. Au gré de tes fantaisies, je vis et je revis, ribambelles de couleurs et de surprises. Parfois seul et sans ami, tu me refroidis et pourtant, grâce aux rêves, tu me donnes tout ce dont j'ai besoin. Parfois à deux, c'est la chaleur du coeur qui me fait danser sans arrêt et à jamais. Que de folles nuits j'ai eu, mais pourtant, est-ce rêve ou réalité? Comme à chaques jours tu me joues des tours, je ne peux te faire confiance dans l'attente d'une réponse, mais pourtant, voudras-tu me la donner?
Oh, la nuit, à l'ombre d'une vie, douce couver- ture qui vient tendrement te caresser. Tu t'endors lentement et tu te guettes tout autour une proie. Tu fais croire que le corps est faible et que les yeux n'en peuvent plus, car tranquillement, le jeu malicieux fait son tra- vail. Au gré de tes fantaisies, on voit et on revoit les ribambelles de couleurs et de sur- prises que l'on a vécues. Lorsque l'on est seul, tu refroidis l'endroit ou le feu à tant brûlé. Lorsqu'on est deux, la chaleur, main dans la main de l'être aimé, rappelle les folles nuits où l'amour a tant brillé. Et puis soudain, était-ce rêve ou réalité? Aurions-nous passé notre vie à être berné? Lorsque dans autant de nuits où tu as joués des tours, nulle confiance n'est acquise, mais pourtant, voudras-tu me pardonner?
10 janvier 1996
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